29.04.2008

Twilight of an Era

Tout change et tout reste pareil. Toujours.

Des messages sans réponse. Des initiatives à sens unique, toujours saluées, toujours à sens unique. Une permanence du sujet sans doute héritée de la permanence de l’objet chère au tout petit enfant. Refuser de grandir et de rendre. A l’inverse n’avoir peut-être jamais été petit et ne pas avoir appris à recevoir ?

Je n’ai pas encore quitté la chambre des tortures – pour quelques mois seulement – et je sais déjà que tout sera différent que tout sera pareil.

Je n’ai pas encore encaissé le choc de la nouvelle annoncée face à mon steak frites sauce au poivre.

J’ai bien besoin d’un chewing-gum, ça me fera ruminer autre chose.

22.04.2008

Girlz in the Hood

Si t'es un peu chagrin un rien mauvais poil en sortant du travail qui fait rien que te sucer la moelle
Si tu ne rêves que d'une chose : un bon gros joint - objet transitionnel miraculeux qui tombe toujours à point
mais que bon
dans ton état la phytothérapie tout ça...
Mets du vernis sur tes orteils
Cela te fera oublier qu'il y a pas deux jours ils ressemblaient à des knakis apéro
(et puis c'est toujours ça que cette grosse bande de nazes de la DG n'aura pas)

non mais !

17.04.2008

La Vie ne me fait pas Peur

La mère de ma mère meurt alors que je m’apprête à être mère. Ne pas laisser ma mère seule face à cela. Un aller-retour dans cette ville de province que je n’aime pas, dans laquelle je n’ai aucun souvenir agréable, pas de souvenir d’enfance heureux, pas de souvenir chaleureux, une grand-mère dans la distance toujours, la méchanceté parfois, pas d’affects en place, rien, l’ennui et des faux-semblants et des séjours comme des punitions. Alors tout me revient en cet aller-retour, d’un coup, rapide. Le pourquoi du trait tiré sur une partie des membres de cette famille. La connerie en place, comme un concours perpétuel. Tout poisse de glauquitude. Dix ans plus tard je me donne amplement raison. Quand même, deux heures à souffler sous le soleil, à être ailleurs que dans la bêtise et la mort, deux heures sous le soleil, seule avec ma mère dans cette ville que je n’aime pas et qui me l’a bien rendu, d’avance. Reprendre le train et rentrer. Et réaliser comme je suis bien chez moi, dans la vie que je me suis construite et que je ne leur dois pas.
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02.04.2008

The Goodbye Girl

La pititenabeille, qui à force me connaît bien, pour l’anniversaire des deux ans de nos premiers baisers (et plus pask’on avait fini le thé) hier, m’a offert un pot d’un kilo de turşu, pickles turcs, plein de légumes dans le vinaigre, genre de variante mais en meilleur, miam. Il sait me faire rêver mon amoureux…

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Contre toute attente, je ne suis pas invitée au pot d’adieu de Laconnasse, celle qui est « remerciée » avec trois ans de salaire en guise de prime vaseline. C’est nous qui devrions l’avoir la prime vaseline, depuis le temps qu’elle nous fait chier par son incompétence et sa perversité, petite pute qui courre après l’illusion du pouvoir ! Je n’ai pas été conviée à fêter son départ. Très étonnant (hin hin hin)

J’ai pas fini de ricaner dans la chambre des tortures moi...

28.03.2008

Pensons, il en restera toujours quelque chose

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Anesthésiée qu’elle disait. Pas tant que ça finalement. Pas au point de n’être pas submergée par cette boule dans la gorge, qui enflait doucement au fur et à mesure que la journée s’écoulait. Entendre les mêmes histoires. Les mêmes stratégies pourries. Réécriture permanente de l’histoire. L’orgueil qui étouffe qui renverse et entraîne son lot de malheureux avec lui, ceux-là n’ayant rien demandé rien promis rien manigancé. Juste être professionnelle et tâcher de le rester. Submergée par la boule, elle enfle elle empêche de respirer elle fait couler les larmes quand la respiration revient. Ne pas me demander comment je vais, ne rien me demander ne rien me dire ne pas m’adresser la parole faire comme si je n’étais pas là comme si je n’existais pas comme si quelqu’un d’autre se trouvait là à ma place là travailler la chambre des tortures le salon de l’angoisse l’idée d’une fête foraine de l’attraction de la pièce magique tu pars tout change tu reviens tu ne reconnais rien tu pars tout change tu reviens et tout est exactement pareil tout fonctionne pareil toujours. Toujours c’est pareil. Entre le bandit et la pute comment ont-ils pu croire une seule seconde ? L’orgueil étouffe je te dis, l’intelligence même est touchée, l’orgueil pourri tout

Alors « vous éloignez » me dit-il « repenser votre vraie priorité » 8 jours loin de tout ça

8 jours pendant lesquels les cloches en famille les Argentins à Paris une raclette gargantuesque la grossesse qui rend débile et te fait oublier de cuire les patates 8 jours pendant lesquels le rendez-vous ricanant pour se faire fabriquer des semelles le rendez-vous ostéo pour se voir confirmer que les hormones ne sont définitivement pas mes amies désormais elles s’attaquent à mes articulations j’ai les mollets trop musclés t’y crois à ça toi toute churchillienne que je suis j’ai les mollets trop musclés et pourtant le sport j’aime pas ça le sport c’est mal 8 jours pendant lesquels je cuisine de divins farcis je cours d’un rdv à l’autre hôpital haptonomie cours d’anglais podologue laboratoire 8 jours pendant lesquels nous devenons les heureux propriétaires d’une maclaren l’heureuse propriétaire de charmantes espadrilles compensées 8 jours pendant lesquels mon profil dinde se précise 8 jours qui passent trop vite beaucoup trop vite

Retour dans la chambre des tortures. Au bout de 4 heures à peine de nouveau dans le bain jusqu’au cou et toujours les mêmes merdes et toujours les mêmes discours enrobant et toujours pareil toujours pareil toujours pareil

C’est pas facile le travail décidément j’aime pas beaucoup ça

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Puis quand même Istanbul c'est bien chouette speed dépaysant tu reposes pas ton corps mais tu reposes ta tête tout change d'un quartier à l'autre d'une rive à l'autre t'as l'impression de changer d'époque tout le temps ça fait tourner la tête un peu ça muscle encore plus les mollets Istanbul et tu manges plein de trucs turcs super bons et j'ai résisté aux loukoums j'ai résisté aux pâtisseries dégoulinantes de miel j'suis super fière j'ai très envie de retourner en Turquie Istanbul et ailleurs toujours ailleurs
 

19.03.2008

Some Like It Hot

7 ans. 7. L’âge de raison comme dirait l’autre. 7 ans aujourd’hui que je traîne mes guêtres dans la chambre des tortures. Et une superbe ambiance de merde en cadeau d’anniversaire, c’est pas nouveau tu m’diras l’ambiance de merde, juste un peu exacerbée, juste un genre de victoire des connards, un truc insupportable à regarder à vivre à subir. 7 ans dans la chambre des tortures. Gagner sa vie. Et la perdre en même temps. La voir s’écouler loin de soi, petit à petit, loin de soi. 7 ans et en guise d’anniversaire : licenciement des compétents avec mise à pied immédiate, non-reconnaissance du travail accompli ; « remerciement » des incompétents, des nuisibles, des brasseurs d’air avec gros chèque à la clé (quand je dis « gros chèque » c’est un truc genre 3 ans de salaire) ou promotion à des postes clef, publication de postes à pourvoir juste pour dire quand les postes ont déjà été pourvus… bref la même gerbe habituelle, en pire.

Je repense à combien j’ai dû me battre pour obtenir mon statut et une augmentation minable et j’ai envie de pleurer. Enfin, vomir plutôt, faudrait voir à pas trop déconner non plus.

Pleurer, non. Pour l’instant l’affect est anesthésié. Je me sens à distance de tout cela, comme endormie. Même si j’ai une conscience aiguë de ce que cela implique pour la suite : la menace qui pèse sur mon poste lui-même, mon départ prochain en congé maternité comme une gigantesque porte ouverte au « tout foutre en l’air » le boulot mis en place, depuis 7 ans maintenant. 7 ans.

L’âge de raison comme dirait l’autre.

Raison mon cul ! je lui réponds.

Anesthésiée sans doute car je suis bien plus intéressée par la petite chose gigotante du dedans que par les trous du cul excités du dehors. Néanmoins, ça fatigue toutes ces conneries, pff.
 

05.03.2008

The Big Pickle

Je t’ai dit que mes « envies étranges » de femme enceinte se portaient sur les cornichons ? Parfaitement : les cornichons ! Tous les cornichons, je ne fais pas de ségrégation : taille, goût, aromates, aigres-doux, chinois, arméniens, russes, petits croquants, peu m’importe pourvu qu’ils m’emplissent la bouche de leur délicieuse saveur vinaigrée… Ils n’ont beau être que des concombres juvéniles, je suis fan !

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Puis je risque moins d’attraper un gros cul avec des cornichons qu’avec du chocolat, hein !

C’est tout

C’était super intéressant, non ?

29.02.2008

Las Noches de Constantinopla

Depuis ce matin c’est un peu rude, ça tiraille dans tous les sens : la bestiole fait sa place. En digne enfant de sa mère d’ailleurs, la bestiole fait preuve de caractère : coucouche panier les cons de fibromes elle a dit, c’est chez moi ici, j’ai besoin d’espace ! Du coup ceux-ci ne la ramènent plus trop, ce qui est une bonne nouvelle. N’empêche que ça tiraille et ça fait mal.

Faut dire j’ai toujours autant de mal à me poser.

Faut dire j’ai une grandissante envie de partir en vacances.

Faut dire je m’en veux un peu beaucoup à la folie de n’avoir pas acheté immédiatement les billets d’avion repérés hier pour passer une petite semaine à Fès retrouver les couleurs du Maroc flâner dans la ville impériale me régaler de délicieux tajines pour rien du tout les odeurs les couleurs le Maroc… en quelques heures le temps d’en parler à la pititenabeille de m’imaginer déjà là bas les billets flambent et sont hors budget.

Faut dire qu’à force de ne pas travailler pour de vrai – je deviens super bonne au « faire semblant » - j’en passe du temps sur les sites de voyages j’en passe du temps à rêver d’un ailleurs sortir du gris du merveilleux quartier des affaires oublier la chambre des tortures pour quelques jours.

Faut dire à force de persévérance ça arrive : dans 8 jours j’me casse à Istanbul avec mon amoureux !! Mes yeux s’en régalent d’avance et le sourire revient.

  

*j’espère juste qu’ils nous laissent passer la frontière avec la tête de terroriste corse que se trimbale la pititenabeille depuis deux jours, pour preuve le sms d’avant-hier « j’en pouvais plus de ma gueule alors chuis allé chez le coiffeur. Suis tombé sur une chinoise édentée antipathique pressée et parlant mal français. J’en sors et j’ai 1 gueule à tourner dans Oz. Je veux mourir. »

hin hin hin

 

Ah puis sinon : faut se méfier des dimanches ensoleillés qui débutent fort agréablement par un tour à une chouette expo puis un brunch entre copains puis une visite à une amie… ouais… t’es jamais à l’abri d’un oiseau qui déciderait de te chier dessus, juste toi là en-bas toute petite au milieu de plein d’autres… ouais…

27.02.2008

Le Donne non vogliono più

Ce jour j’applique à la lettre mon envie de ne pas travailler : depuis ce matin je ne fais rien qui ait trait de près ou de loin à mon travail. A une ou deux exceptions près qui ont dû me prendre 10 minutes en tout. Tu m’diras c’est la moyenne de travail journalière d’un bon nombre de mes charmants collègues de la chambre des tortures.

A la place je discute avec la Sicilienne from Hong Kong sur msn.

A la place je commande des cosmétiques bio sur internet.

A la place je m’occupe des demandes de logement pour avoir un plus grand appartement, on peut toujours rêver on peut toujours demander ça ne coûte rien.

A la place je pense à ma nouvelle paire de lunettes que je récupère demain et qui est à tomber tellement elle est belle.

A la place je pense au p’tit resto japonais dans lequel je vais emmener Lola ce soir et me régale d’avance.

A la place je pense à ma visite gynéco demain et comment il risque de m’engueuler en me disant que je grossis trop vite, peut-être même qu’il va me dire « le sucre c’est finit pour 6 mois mamzelle Lelapin !! » j’en sais rien je ne sais pas interpréter les résultats d’analyse, suis pas laborantine ça se saurait.

A la place je règle – ou tente de – les problèmes d’alphabétisme de certains employés de la sécurité sociale : m’ont collé un terme mi-septembre ces cons ! Soit un moi et demi trop tard. Je veux bien faire un effort et serrer les cuisses mais un mois et demi je crois ça va pas être possible. Z’ont confondu deux dates, c’est nigaud. Surtout pour moi et la prise en compte de mon congé maternité. Parce que si tu crois que je vais me la jouer à la Sioux et cesser de travailler le jour de mon accouchement, couper le cordon avec un silex ou les dents, être de corvée de bois derrière et faire du feu pour la bouffe le soir, t’es en plein délire !

22.02.2008

Jusqu'au bout du monde

Je t’ai dit à quel point j’ai encore moins envie de travailler que d’habitude ? Je te jure c’est possible, même si moi aussi j’ai du mal à y croire… Moins que d’habitude et encore plus que d’habitude. Plus de travail à abattre. Plus de compét’ de connasse. Et oui ça aussi c’est possible, qui l’eut cru ? Plus de grand n’importe quoi.

Et moi dans tout ça, avec mon ventre douloureux, qui enfle, mon tour de taille qui s’épaissit, moi dans tout ça qui ressemble à une grosse dinde, déjà, ça va être quelque chose la période baleine… La pititenabeille me dit toujours sexy, c’est déjà ça. Une dinde certes, mais une dinde sexy. N’empêche.

N’empêche que j’ai encore moins envie de travailler que d’habitude. C’est donc toujours possible d’aller plus loin. Encore plus loin.

Je rêve de vacances. De mon cul sur la plage moulée dans un bikini maillot de bain pour grosse dinde, soleil et palmiers, farniente et lecture, jeux débiles et ricanements. J’ai envie de Florac là maintenant tout de suite. Sans doute parce que je vais rater la session *Florac 2008* toute parturiente que je serai. Tu m’diras j’aurais pu choisir l’option « accouchement dans la rivière » comme me l’a proposé Bouchon porteur de Converse taille basse. Mais bizarrement cela ne m’a que peu séduite.

Je rêve de déambulation dans une ville inconnue. De petites places. De petits troquets. D’apéro avec mon amoureux. De terrasse au soleil. De petites robes légères. De crème solaire. Je rêve de couleurs, du Maroc, du désert, de dépaysement, d’horizons lointains. Je rêve de mégalopole, de New York, du printemps, de voir les yeux de mon amoureux posés sur cette merveille. Je rêve de Montréal, la douceur de la ville, les amis là bas, retraverser le pont Jacques Cartier. Je rêve d’une île loin de tout. D’une ville proche de tous.

Et la réalité dans ma gueule c’est la Défense, tous les jours, et les connards autoproclamés et les connards qui se déguisent. La réalité dans ma gueule c’est résister à tout ça, ne pas me laisser emporter par la rage.

Tu me crois si je te dis que c’est pas fastoche fastoche ?
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