28.03.2008
Pensons, il en restera toujours quelque chose
Anesthésiée qu’elle disait. Pas tant que ça finalement. Pas au point de n’être pas submergée par cette boule dans la gorge, qui enflait doucement au fur et à mesure que la journée s’écoulait. Entendre les mêmes histoires. Les mêmes stratégies pourries. Réécriture permanente de l’histoire. L’orgueil qui étouffe qui renverse et entraîne son lot de malheureux avec lui, ceux-là n’ayant rien demandé rien promis rien manigancé. Juste être professionnelle et tâcher de le rester. Submergée par la boule, elle enfle elle empêche de respirer elle fait couler les larmes quand la respiration revient. Ne pas me demander comment je vais, ne rien me demander ne rien me dire ne pas m’adresser la parole faire comme si je n’étais pas là comme si je n’existais pas comme si quelqu’un d’autre se trouvait là à ma place là travailler la chambre des tortures le salon de l’angoisse l’idée d’une fête foraine de l’attraction de la pièce magique tu pars tout change tu reviens tu ne reconnais rien tu pars tout change tu reviens et tout est exactement pareil tout fonctionne pareil toujours. Toujours c’est pareil. Entre le bandit et la pute comment ont-ils pu croire une seule seconde ? L’orgueil étouffe je te dis, l’intelligence même est touchée, l’orgueil pourri tout
Alors « vous éloignez » me dit-il « repenser votre vraie priorité » 8 jours loin de tout ça
8 jours pendant lesquels les cloches en famille les Argentins à Paris une raclette gargantuesque la grossesse qui rend débile et te fait oublier de cuire les patates 8 jours pendant lesquels le rendez-vous ricanant pour se faire fabriquer des semelles le rendez-vous ostéo pour se voir confirmer que les hormones ne sont définitivement pas mes amies désormais elles s’attaquent à mes articulations j’ai les mollets trop musclés t’y crois à ça toi toute churchillienne que je suis j’ai les mollets trop musclés et pourtant le sport j’aime pas ça le sport c’est mal 8 jours pendant lesquels je cuisine de divins farcis je cours d’un rdv à l’autre hôpital haptonomie cours d’anglais podologue laboratoire 8 jours pendant lesquels nous devenons les heureux propriétaires d’une maclaren l’heureuse propriétaire de charmantes espadrilles compensées 8 jours pendant lesquels mon profil dinde se précise 8 jours qui passent trop vite beaucoup trop vite
Retour dans la chambre des tortures. Au bout de 4 heures à peine de nouveau dans le bain jusqu’au cou et toujours les mêmes merdes et toujours les mêmes discours enrobant et toujours pareil toujours pareil toujours pareil
C’est pas facile le travail décidément j’aime pas beaucoup ça
14:35 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note








Commentaires
suggestion de lecture :
le choc de la maternité, Anne Enright, Editions Actes Sud.
Ecrit par : peekaboo | 02.04.2008
enlala m'dame faut qu'on déjeune depuis l'temps...
Ecrit par : lelapin | 02.04.2008
ah, tu vois, il te reste quelques cellules grises de mémoire et un ou deux neurones !
Ecrit par : peekaboo | 03.04.2008
ouais tout espoir n'est pas perdu...
Ecrit par : lelapin | 03.04.2008
IIIIIIstamboul! une de mes destinations futures aussi!!
Ecrit par : series | 09.04.2008
ah c'est chouette et ça va te faire tourner la tête !!
Ecrit par : lelapin | 09.04.2008
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