15.06.2009

My life sucks (but my daughter is so beautiful)

 

Il y a les médecins qui, un poil alarmistes, te disent qu’il faut faire attention à ceci et à cela avec ta fille bla bla bla te donnant le sentiment de ne pas le faire assez ou mal ou de travers ou que tu n’as pas pris pleinement conscience de sa situation de son état de son handicap.

Il y a les médecins qui, un poil moralisateurs, te disent « c’est une enfant comme les autres vous devez la traiter comme telle, il ne faut pas la traiter différemment ».

Il faut. Il ne faut pas. Il faut. Il ne faut pas.

Ah ouais ?

Je vous emmerde.

Vous n’avez pas l’ombre d’une idée d’à quel point nous avons conscience de sa situation, d’à quel point nous sommes dans la réalité face au handicap de Choupette of Love. Je vous emmerde vous et votre paternalisme à deux balles cinquante du médecin qui sait tout, qui comprend tout. Ah ouais tu comprends ? Ton enfant aussi est handicapé ? T’es dans ma peau là ? Tu sais ce que je ressens ? Tu sais ce qu’il faut faire ?

Je t’emmerde.

T’as pas un soupçon de conscience de ce que c’est que mettre au monde une enfant différente, merveilleuse certes mais différente. T’as pas une miette d’idée de ce que cela signifie en terme de culpabilité, de retour d’égoïsme dans ma gueule, d’énergie à déployer pour être à la hauteur de sa joie de vivre, t’as pas idée de ce que cela signifie en terme de haine de soi, d’amour d’elle, de rage contre cette chienne de vie. T’as pas idée comme c’est la plus belle et la plus sympa des petites filles mais son handicap c’est une flèche à jamais plantée dans mon cœur, au milieu là où ça suffoque un peu tu vois ?

T’as pas idée comme c’est lourd en terme d’emploi du temps, si ?

« oui je sais c’est compliqué pour vous »

Mais non tu ne sais pas. Tu ne sais rien. Tu ne sais pas ce que c’est courir au travail, faire le même boulot en moins de temps et pour moins de pognon. Tu ne sais pas ce que c’est de courir Paris avec ta gamine pour les rendez-vous médicaux, tu crois toujours que ça va être moins lourd au fur et à mesure, ben tu te trompes on t’en rajoutes. Trois cette semaine. Et le travail. Et le couple. Et la maison. Et toi ? Ben toi tu t’oublies, tu n’existes presque plus. T’es forte t’as oublié à quelle point t’étais forte ? T’as oublié à quel point tu dois être forte ? Il faut

(bordel !)

Il faut ? Il ne faut pas ?

Je t’emmerde.

Je fais comme je peux et là je ne peux plus beaucoup tu vois, je ne supporte plus tu vois, j’ai plus d’énergie, j’arrive au bout du rouleau et je n’ai pas encore reçu le suivant, j’ai dû oublier de le commander prise dans ce tourbillon d’activités, j’arrive au bord du gouffre et je cherche la main tendue.


Commentaires

Peux pas dire grand'chose tu sais, à part que non je peux pas comprendre.
Je fais que compatir en te lisant.
Mais je sais que c'est la plus belle sans l'avoir jamais vue.
C'est pas ma faute, je la connais qu'ici.

Alors tiens le bon bout, le bout'chou, à défaut du rouleau, steup, et viens gueuler ici. On te lira et on les emmerdera en choeur.
On doit bien être quelques uns à pas se manifester très souvent.
C'est un peu con la pudeur.

Ecrit par : bertha | 15.06.2009

:)

Ecrit par : lelapin | 16.06.2009

qu'est ce que je pourrai dire ?
D'intelligent je veux dire.
Rien.
Alors je me tais et je t'embrasse

Ecrit par : mrsclooney | 16.06.2009

Tiens, plein de rouleaux (mais c'est sûr, on les emmerde profond tous les donneurs de leçons)

Ecrit par : lm | 16.06.2009

des rouleaux de printemps avélasôceaussi ?

Ecrit par : lelapin | 16.06.2009

la mienne n'est que virtuelle mais je voulais quand même te la tendre... c'est con ça sert à rien alors que je sens bien que tu as besoin d'aide concrète et pas de mots compatissants...

un plongeon dans le cou de ta pépette, le temps de patienter avant que le prochain rouleau arrive ?...

Ecrit par : Le Chat | 17.06.2009

ce que je cherchais, merci

Ecrit par : Nina_Tool | 20.09.2009

?

Ecrit par : lelapin | 06.10.2009

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