19.03.2008
Some Like It Hot
7 ans. 7. L’âge de raison comme dirait l’autre. 7 ans aujourd’hui que je traîne mes guêtres dans la chambre des tortures. Et une superbe ambiance de merde en cadeau d’anniversaire, c’est pas nouveau tu m’diras l’ambiance de merde, juste un peu exacerbée, juste un genre de victoire des connards, un truc insupportable à regarder à vivre à subir. 7 ans dans la chambre des tortures. Gagner sa vie. Et la perdre en même temps. La voir s’écouler loin de soi, petit à petit, loin de soi. 7 ans et en guise d’anniversaire : licenciement des compétents avec mise à pied immédiate, non-reconnaissance du travail accompli ; « remerciement » des incompétents, des nuisibles, des brasseurs d’air avec gros chèque à la clé (quand je dis « gros chèque » c’est un truc genre 3 ans de salaire) ou promotion à des postes clef, publication de postes à pourvoir juste pour dire quand les postes ont déjà été pourvus… bref la même gerbe habituelle, en pire.
Je repense à combien j’ai dû me battre pour obtenir mon statut et une augmentation minable et j’ai envie de pleurer. Enfin, vomir plutôt, faudrait voir à pas trop déconner non plus.
Pleurer, non. Pour l’instant l’affect est anesthésié. Je me sens à distance de tout cela, comme endormie. Même si j’ai une conscience aiguë de ce que cela implique pour la suite : la menace qui pèse sur mon poste lui-même, mon départ prochain en congé maternité comme une gigantesque porte ouverte au « tout foutre en l’air » le boulot mis en place, depuis 7 ans maintenant. 7 ans.
L’âge de raison comme dirait l’autre.
Raison mon cul ! je lui réponds.
12:03 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.03.2008
The Big Pickle
Je t’ai dit que mes « envies étranges » de femme enceinte se portaient sur les cornichons ? Parfaitement : les cornichons ! Tous les cornichons, je ne fais pas de ségrégation : taille, goût, aromates, aigres-doux, chinois, arméniens, russes, petits croquants, peu m’importe pourvu qu’ils m’emplissent la bouche de leur délicieuse saveur vinaigrée… Ils n’ont beau être que des concombres juvéniles, je suis fan !
Puis je risque moins d’attraper un gros cul avec des cornichons qu’avec du chocolat, hein !
C’est tout
16:29 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
29.02.2008
Las Noches de Constantinopla
Depuis ce matin c’est un peu rude, ça tiraille dans tous les sens : la bestiole fait sa place. En digne enfant de sa mère d’ailleurs, la bestiole fait preuve de caractère : coucouche panier les cons de fibromes elle a dit, c’est chez moi ici, j’ai besoin d’espace ! Du coup ceux-ci ne la ramènent plus trop, ce qui est une bonne nouvelle. N’empêche que ça tiraille et ça fait mal.
Faut dire j’ai toujours autant de mal à me poser.
Faut dire j’ai une grandissante envie de partir en vacances.
Faut dire je m’en veux un peu beaucoup à la folie de n’avoir pas acheté immédiatement les billets d’avion repérés hier pour passer une petite semaine à Fès retrouver les couleurs du Maroc flâner dans la ville impériale me régaler de délicieux tajines pour rien du tout les odeurs les couleurs le Maroc… en quelques heures le temps d’en parler à la pititenabeille de m’imaginer déjà là bas les billets flambent et sont hors budget.
Faut dire qu’à force de ne pas travailler pour de vrai – je deviens super bonne au « faire semblant » - j’en passe du temps sur les sites de voyages j’en passe du temps à rêver d’un ailleurs sortir du gris du merveilleux quartier des affaires oublier la chambre des tortures pour quelques jours.
Faut dire à force de persévérance ça arrive : dans 8 jours j’me casse à Istanbul avec mon amoureux !! Mes yeux s’en régalent d’avance et le sourire revient.
*j’espère juste qu’ils nous laissent passer la frontière avec la tête de terroriste corse que se trimbale la pititenabeille depuis deux jours, pour preuve le sms d’avant-hier « j’en pouvais plus de ma gueule alors chuis allé chez le coiffeur. Suis tombé sur une chinoise édentée antipathique pressée et parlant mal français. J’en sors et j’ai 1 gueule à tourner dans Oz. Je veux mourir. »
hin hin hin
16:13 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
27.02.2008
Le Donne non vogliono più
Ce jour j’applique à la lettre mon envie de ne pas travailler : depuis ce matin je ne fais rien qui ait trait de près ou de loin à mon travail. A une ou deux exceptions près qui ont dû me prendre 10 minutes en tout. Tu m’diras c’est la moyenne de travail journalière d’un bon nombre de mes charmants collègues de la chambre des tortures.
A la place je discute avec la Sicilienne from Hong Kong sur msn.
A la place je commande des cosmétiques bio sur internet.
A la place je m’occupe des demandes de logement pour avoir un plus grand appartement, on peut toujours rêver on peut toujours demander ça ne coûte rien.
A la place je pense à ma nouvelle paire de lunettes que je récupère demain et qui est à tomber tellement elle est belle.
A la place je pense au p’tit resto japonais dans lequel je vais emmener Lola ce soir et me régale d’avance.
A la place je pense à ma visite gynéco demain et comment il risque de m’engueuler en me disant que je grossis trop vite, peut-être même qu’il va me dire « le sucre c’est finit pour 6 mois mamzelle Lelapin !! » j’en sais rien je ne sais pas interpréter les résultats d’analyse, suis pas laborantine ça se saurait.
16:00 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
22.02.2008
Jusqu'au bout du monde
Je t’ai dit à quel point j’ai encore moins envie de travailler que d’habitude ? Je te jure c’est possible, même si moi aussi j’ai du mal à y croire… Moins que d’habitude et encore plus que d’habitude. Plus de travail à abattre. Plus de compét’ de connasse. Et oui ça aussi c’est possible, qui l’eut cru ? Plus de grand n’importe quoi.
Et moi dans tout ça, avec mon ventre douloureux, qui enfle, mon tour de taille qui s’épaissit, moi dans tout ça qui ressemble à une grosse dinde, déjà, ça va être quelque chose la période baleine… La pititenabeille me dit toujours sexy, c’est déjà ça. Une dinde certes, mais une dinde sexy. N’empêche.
N’empêche que j’ai encore moins envie de travailler que d’habitude. C’est donc toujours possible d’aller plus loin. Encore plus loin.
Je rêve de vacances. De mon cul sur la plage moulée dans un bikini maillot de bain pour grosse dinde, soleil et palmiers, farniente et lecture, jeux débiles et ricanements. J’ai envie de Florac là maintenant tout de suite. Sans doute parce que je vais rater la session *Florac 2008* toute parturiente que je serai. Tu m’diras j’aurais pu choisir l’option « accouchement dans la rivière » comme me l’a proposé Bouchon porteur de Converse taille basse. Mais bizarrement cela ne m’a que peu séduite.
Je rêve de déambulation dans une ville inconnue. De petites places. De petits troquets. D’apéro avec mon amoureux. De terrasse au soleil. De petites robes légères. De crème solaire. Je rêve de couleurs, du Maroc, du désert, de dépaysement, d’horizons lointains. Je rêve de mégalopole, de New York, du printemps, de voir les yeux de mon amoureux posés sur cette merveille. Je rêve de Montréal, la douceur de la ville, les amis là bas, retraverser le pont Jacques Cartier. Je rêve d’une île loin de tout. D’une ville proche de tous.
Et la réalité dans ma gueule c’est la Défense, tous les jours, et les connards autoproclamés et les connards qui se déguisent. La réalité dans ma gueule c’est résister à tout ça, ne pas me laisser emporter par la rage.
12:40 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
15.02.2008
Ultime grida dalla savana
Lelapin : ‘tain ça rend débile la grossesse, je ne trouve plus mes mots, mon vocabulaire disparaît…
11:07 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
04.02.2008
Los Lunes al sol
Comme tous les lundis je n’ai strictement aucune envie de sortir de mon lit. Comme tous les lundis je n’ai strictement aucune envie de travailler, et j’avoue j’en rame que quelques-unes aujourd’hui le minimum du minimum syndical et encore – tu m’diras c’est déjà beaucoup par rapport à certains – particulièrement ici en direct de la chambre des tortures où nous frôlons un niveau de grand n’importe quoi jusqu’alors jamais atteint, et pourtant y’a de l’entraînement, personne ne peut dire le contraire, ah ça non ma bonne dame ! Certainement pas mon p’tit monsieur ! Comme tous les lundis je regrette mon week-end, je regarde ma semaine qui me semble interminable, quand bien même celle-ci n’aura que 4 jours…
Cependant :
Ce n’est pas tous les lundis que je signe un avenant à mon contrat.
Ouais !
Ayé j’suis cadre.
Pour de vrai.
Vais pouvoir leur déclarer ma grossesse maintenant que j’ai signé.
Vont être contents.
16:39 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
31.01.2008
High, Wide, and Handsome
Comme d’habitude à cette période de l’année, et bien que cela ne fasse pas *vraiment* partie de mon travail, je recrute. De nouveaux profs. Boss s’en contrefout, il fait genre de s’y intéresser mais ça marche pas trop son « faire genre », il a bien fait de pas faire acteur. Je recrute. Parfois voire souvent ça me soule. Beaucoup de responsabilité, heureusement beaucoup de flair pour le faire. Suis particulièrement fière de mon recrutement du semestre dernier. Sont brillants et sympas. Mais là…
Là…
Nous en avions des *pas mal*
Nous en avions des *plutôt oui*
Mais là…
...
Putain ayé on l’a notre canon mâle dans le service !!!
Youpi
18:03 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
22.01.2008
Arderás conmigo
« je ne peux pas sucer Shrek il est bouillant »
18:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
17.01.2008
Siete días de enero
Janvier est un bon mois pour écouter de nouveau Tom Waits le matin en buvant mon café, et me sentir entourée par sa voix rauque.
Janvier est un bon mois pour me sentir une vache dans un wagon de bétail lorsque je vais passer ma première vraie échographie de toute ma vie et tenter de voir à quoi ressemble mon mini-moi qui grandit doucement dedans mon ventre que je ne pourrais bientôt plus faire entrer dans rien (j’ai l’art de l’annonce non ??)
Une vache anonyme face à ce médecin nullissime les yeux rivés à la technique je me demande même si une seule fois il m’a regardé dans les yeux ce con je ne me souviens pas qu’il m’ait serré la main je ne me souviens que de son absence de parole son absence de commentaires spontanés son économie de mots lorsqu’il fut bien obligé de me répondre la rapidité de ses gestes son absence de diagnostic final « elle sait lire la vache non ?? Pourquoi je me ferais chier à lui faire un compte-rendu à la bouche ? » je me souviens de la déception ma déception face à tout ça. Nul. Un connard juste là pour encaisser le fric. L’est pas prêt de me voir pour les suivantes celui-là.
Mini-moi s’accroche comme quoi les pronostics médicaux hein !
Ou peut-être est-ce mon penchant naturel à l’opposition qui se manifeste
Toujours est-il que mini-moi s’accroche il est bien plus grand qu’une noix de pécan désormais et contre toute attente il semble ce qu’il y a de plus normal
Pourvu que ça dure…






