17.01.2008

Siete días de enero

Janvier est un bon mois pour écouter de nouveau Tom Waits le matin en buvant mon café, et me sentir entourée par sa voix rauque.

Janvier est un bon mois pour me sentir une vache dans un wagon de bétail lorsque je vais passer ma première vraie échographie de toute ma vie et tenter de voir à quoi ressemble mon mini-moi qui grandit doucement dedans mon ventre que je ne pourrais bientôt plus faire entrer dans rien (j’ai l’art de l’annonce non ??)

Une vache anonyme face à ce médecin nullissime les yeux rivés à la technique je me demande même si une seule fois il m’a regardé dans les yeux ce con je ne me souviens pas qu’il m’ait serré la main je ne me souviens que de son absence de parole son absence de commentaires spontanés son économie de mots lorsqu’il fut bien obligé de me répondre la rapidité de ses gestes son absence de diagnostic final « elle sait lire la vache non ?? Pourquoi je me ferais chier à lui faire un compte-rendu à la bouche ? » je me souviens de la déception ma déception face à tout ça. Nul. Un connard juste là pour encaisser le fric. L’est pas prêt de me voir pour les suivantes celui-là.

Mini-moi s’accroche comme quoi les pronostics médicaux hein !

Ou peut-être est-ce mon penchant naturel à l’opposition qui se manifeste

Toujours est-il que mini-moi s’accroche il est bien plus grand qu’une noix de pécan désormais et contre toute attente il semble ce qu’il y a de plus normal

Pourvu que ça dure…

 


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11.01.2008

No News Is Good News

La Sicilienne from Hong Kong n’est bientôt plus une Sicilienne from Hong Kong ; elle va devenir la Sicilienne from Singapour – je connais pas Singapour ça tombe plutôt bien…

Les petites mains des Thaïlandaises de Hong Kong me manquent. Cela n’a bien sûr rien de sexuel, simplement quand tu prends l’habitude de te faire masser pendant une heure trois fois par semaine, le retour routine métro RER chambre des tortures est un peu rude…

Macolok me manque. Quatre ans et demi que nous habitions ensemble. Une nouvelle vie commence avec la pititenabeille à domicile. Néanmoins Macolok me manque, cette présence particulière et rassurante, et tout le reste…

Le bombardement d’hormones n’est définitivement pas mon truc. L’effet bourgeonnement adolescent je m’en passerais bien. Sans parler du reste…

Je ne connais toujours pas le sexe du brailleur de l’étage du dessus ; du coup entre deux p’tits noms mon cœur balance : Castafiore ou Pavarotti ? (pète couilles ça c’est un fait !)

08.01.2008

2008 je te la souhaite bien bonne

C’est une période sensée être vouée au calme et à la sérénité, voire à la plénitude. Et pourtant si tu savais comme je suis en colère comme la rage gronde là pas loin juste sous la surface. Qu’est-ce qui faut faire bordel à la fin ? Je dors peu me lève aux aurores à des heures dont j’ignorais quasiment l’existence jusqu’il n’y a pas longtemps, enfin dans ce sens là, des heures auxquelles je me couchais pas des heures pour avoir les yeux grands ouverts au plafond cogiter entendre les pleurs du mioche du dessus décider de me lever prendre ma douche regarder mes cernes dans la glace regarder ma peau dégueulasse me demander ce que je vais faire pour atténuer tout cela ce que je vais porter j’ai plus rien à me mettre ce que je peux faire pour cesser de penser, trop.

Si tu savais comme je suis en colère. Juste en dessous. Là. Rage sous cutanée. Et pourtant je continue à lire la presse et la nausée monte doucement me prend à la gorge intensifie la rage. Je lis un article sur les projets du ministère de la Justice sur la déclaration d’irresponsabilité pénale et sur la rétention de sûreté. J’ai la nausée. Je lis comment la presse lie les vœux du président qu’on m’inflige pour des années encore et son peut-être futur mariage people. J’ai la nausée. Je vois une photo des fumoirs qui apparaissent dans les casinos, une cage ronde et transparente, qu’on puisse voir le vice en action que tous puissent admirer et juger tranquillement c’est mal tu ruines ta santé c’est ton corps mais tu n’as pas le droit d’en disposer comme bon te semble ce droit t’es peu à peu retiré c’est mal t’es en vitrine maintenant. Hygiénisme de merde. J’ai envie de vomir. J’ai envie de hurler. Toutes ces réformes « que les Français attendent » C’est ta liberté dont on te prive petit à petit. Réagis bordel ! Utilise ton principal organe de résistance ton seul organe de liberté ton cerveau. Bordel.

Si tu savais comme je suis en colère comme celle-ci est permanente même sous le sourire même sous la joie de vivre même sous les rires les joies la déconne l’apparente indifférence si tu savais comme la rage est toujours là présente juste sous la peau comme un organe sensible en plus quelque chose qui me fait réagir sur-réagir qui me tire les larmes des yeux qui me tire les larmes de la peau des larmes de rage des larmes d’impuissance des larmes de toute petite face à cette pensée politiquement correcte tout autour face à cette bêtise ambiante.

Si tu savais comme je suis en colère mais cela ne m’empêche pas de faire des projets de construire de me projeter de concevoir. Bien souvent je suis seule pour tout cela. Ma rage m’accompagne c’est déjà ça.
 
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18.12.2007

Mmm... Smells Like Xmas

Comment te dire à quel point j’ai hâte d’être déjà dans quelques heures quand j’affronterai le froid polaire du quartier des affaires quand je quitterai enfin la chambre des tortures pour plus de deux semaines de liberté 12h d’avion 15 jours de promenades de yeux grands ouverts de papotages avec la Sicilienne from Hong Kong dans sa ville justement Hong Kong et ses buildings qui te font tourner la tête Hong Kong et sa baie magnifique Hong Kong et ses masseuses pédicures manucures qui vont me chouchouter Hong Kong et la Sicilienne Hong Kong et les longues balades les ferry qui me mèneront à Macao dans les îles de pêcheurs Hong Kong son pic et la vue hallucinante de tout là-haut Hong Kong et ses mini tramways Hong Kong et ses escalators partout et jamais en panne Hong Kong et son effervescence ses marchés de jour de nuit ses néons ses décorations de Noël Hong Kong et sa météo printanière au plein cœur de l’hiver Hong Kong et ses plages et la Sicilienne et ricaner pendant des heures Hong Kong et le fils de la Sicilienne Hong Kong et la censure pas d’accès ici pendant 15 jours depuis des mois la Sicilienne ne peut plus lire mes conneries mes coups de gueule mes mouvements d’humeur « censure » je lui dis quand elle pensait « mon mac déconne » Hong Kong et être injoignable inaccessible disponible pour très peu pour moi pour la Sicilienne pour les hommes de la Sicilienne

Comment te dire à quel point j’en ai déjà plus rien à foutre de tout ce qui se passe ici à quel point mon sourire est grand à quel point j’ai hâte d’être déjà demain soir la valise bouclée dans la file de l’embarquement m’endormir vite et longtemps traverser le continent en entier survoler la Sibérie voyager dans le temps et l’espace d’un seul mouvement voir un p’tit bonhomme rouge avec mon nom sur une pancarte et voir enfin le sourire de la Sicilienne Hong Kong bordel je ne me lasserai jamais bouger découvrir se sentir vivante !
Quinze jours entiers… pendant ce temps là je vous laisse avec le King c’est pas mal non plus…

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17.12.2007

Surprise Package

C’est un peu le festival de la chance et de la gentillesse ces dernières semaines : de la chance pour Lelapin, de la gentillesse de la part de la DG de la chambre des tortures… Enfin « gentillesse » c’est ma part naïve (et point du tout cynique) qui s’exprime quand il s’agit surtout – je pense – de manœuvres de précaution face à la grogne montante et généralisée des suppliciés.

Peu importe. Peu m’importe.

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Aujourd’hui copieux et chic buffet offert par les têtes dirigeantes pour la noyelle. Et pour clôturer cela en beauté, la DG offre à chacun bouteille de champagne et chocolats. Sont presque en train de devenir mignons (résolution 2008 : être plus que jamais vigilante quant au fourrage à sec).

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Et y’a pas une demi-heure, mon boss m’annonce : « La DG te file ton statut de cadre Lelapin, ils t’augmentent *considérablement* et te filent une prime de fin d’année » waow !! Avec tout ça, je suis en vacances demain soir : c’est ce que j’appelle de véritables fêtes de fin d’année !!

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Youpi pour moi !

11.12.2007

Dix grammes d'arc-en-ciel

Bulletin météo en direct du merveilleux quartier des affaires : c'est du grand n'importe quoi climatique, le ciel est gris pâle, la lumière est dorée, il tombe une averse de grêle et il y a un très joli arc en ciel.

Cela serait presque poétique.

Mais ça reste la chambre des tortures... 

10.12.2007

Whisper in My Ear

La tentative ear plugs a été un échec total : je ne supporte pas d’avoir quoi que ce soit dans l’oreille, je ne supporte pas d’être ainsi isolée du monde, ne plus avoir aucune prise sur ce qui m’entoure, entendre aussi fort à l’intérieur de ma tête les pulsations de mon cœur, de ma circulation sanguine, c’est insupportable… Du coup je dors mal, me réveille plusieurs fois, pressée d’être au matin et de pouvoir ôter ces petites mousses infernales.

Résultat : hello little popoches sous / dessus / autour des yeux au réveil !

Le lendemain je ne renouvèle pas l’expérience, je prends le risque du « sans ». Mes voisins ont dû entendre mes prières muettes puisqu’ils ont changé de chambre le brailleur qui pour fêter ça braille beaucoup moins dis-donc. Tout le monde dort mieux. Youpi.

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Néanmoins la fatigue m’envahie et me rend limite apathique. Faut dire pour remplacer le brailleur j’ai la pititenabeille depuis samedi, qui prend mon matelas pour un trampoline, qui marmonne des monologues nocturnes de lui seul intelligibles, qui se bat avec la couette, qui recommence à me foutre des coups de coude, qui décide qu’il fait trop chaud *pour tout le monde* bref : qui me fait vivre l’enfer in bed (je devrais sans doute ne plus jamais jamais jamais l’inviter à voir un spectacle d’acrobatie, ça m’a l’air de l’agiter quelque peu…)

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La lassitude m’envahie, je ne veux plus venir travailler (déjà que…), je ne supporte plus d’être là, je n’ai envie de rien foutre d’ailleurs j’en rame pas vraiment une, minimum syndical et encore, sans doute l’illusion seule du minimum syndical, pas envie de m’y mettre, pas envie d’être là, envie de feu de cheminée, de lecture sous couette, de bikini sur une plage des caraïbes, de glande totale, envie de Hong Kong là maintenant de suite, pas envie de la défense, pas envie de la fourmilière de costards cravates, pas envie de travailler, envie de vacances, envie de repos, envie de ne m’occuper que de moi, juste l’impatience au corps, vite vite vite c’est quand que ça arrive ?

En attendant, si tu savais ce que je m’emmerde dans la chambre des tortures… le temps semble être étiré par quelques êtres maléfiques voués à te pourrir la vie en faisant ressembler tes heures à des mois, j’ai l’impression de me momifier sur ma chaise, pour te dire à quel point je m’emmerde, à quel point j’ai envie d’être ailleurs, partout ailleurs mais là : non.

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05.12.2007

While You Were Sleeping

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A mon retour de Lisbonne je me suis aperçue que j’avais de nouveaux voisins, juste au-dessus de ma tête. Je ne les ai toujours pas rencontrés. En revanche je les entends. Surtout un. Les deux autres montrent une discrétion rare. Mais pas le plus petit.

Mon plus petit voisin est un nourrisson. Il ne fait pas encore ses nuits. Du tout du tout. Moi non plus du coup. Du tout du tout. Cette nuit encore moins que les autres. L’enfant a braillé toutes les heures entre 2h30 et 7h. Je n’ai pas braillé en retour. Mais j’avais les yeux bien ouverts, l’esprit en alerte, la machine à pensées s’est mise en route et bye bye sommeil réparateur, bonjour somnolence entrecoupée de cris, hello joyeuses méga popoches sous les yeux au réveil !!

J’ai renoncé à me vêtir de vert. Le look batracien : not today.

J’ai abdiqué face à une solution que l’on me suggérait : les boules quies. J’aime pas bien bien mettre des trucs dans mes oreilles, mais je ne peux pas enchaîner des nuits pareilles alors que *cet enfant n’est pas le mien* bordel !!

Entre ça et les bas de contention pour prendre l’avion vers Hong Kong sans me transformer en éléphant à la descente, trop sexy ma sortie à la pharmacie du coin à midi !! J’ai hâte…

 

 
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30.11.2007

Comme un air de retour

Lisbonne c'est fini Retour chambre des tortures Pas grand chose à dire pour le moment

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Ah si peut-être, extrait de dialogue :

Lelapin : Kessessé ce bruit ? T'entends ?

Infratrucbidulemachinchose : Ben non

Lelapin : Mais si ça fait bip bip là...

Infratrucbidulemachinchose : Attends je vire l'oreillette je regarde

Lelapin : ...

Infratrucbidulemachinchose : AH ben oui c'est dans mon pantalon

Lelapin : !!! 

Et sinon quelques photos 

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Pour K 
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16.11.2007

A Canção de Lisboa

Avec la chance que j’ai, fallait que le calvaire des transports en commun pendant les grèves tombe en plein *SPM* histoire de me faire naviguer entre lassitude extrême et envie de mordre tout ce qui bouge, navigation du genre mouvement perpétuel. Lelapin debout à 6h30 du mat’ depuis trois jours, éviter le gros des voyageurs, c’était déjà blindé à 7h30 je te laisse imaginer un peu plus tard, si seulement comme dans les cartoons, être serrée comme une sardine dans sa petite conserve pouvait m’aplatir quelque peu et me donner une taille de guêpe histoire de pouvoir rivaliser un brin avec la pititenabeille the new chouchou de ces dames – te raconterai plus tard à quel point ma concierge l’adore (« et le monsieur ? comment il va le monsieur ? et sa dent ça va ? ah le pauvre il doit souffrir »… questions récurrentes durant 15 jours, chaque fois que je la croisais) à quel point ma mère l’adore (« oh pititenabeille a du courage avec Lelapin et son caractère, ça doit pas être facile tous les jours »… ma propre mère !!) à quel point sa mère l’adore (elle voulait m’offrir « comprendre son homme » pour mon anniv’… bon… ahem…) à quel point son ex ses patronnes de stage ses copines les caissières les mouettes… the new chouchou de ces dames je te dis !

Bref

Demain cassos à Lisboa et plus rien à foutre de toutes ces conneries les transports le travail mes collègues mes patrons la politique française le nauséabond nain de jardin hystérique l’ex first lady et sa soit disant beauté (cachée ?) toutes ces conneries le travail le trou de la Sécu la chambre des tortures les retraites qu’on n’aura jamais – je parle pour ma génération hein – j’emmerde l’universalisme –la chambre des tortures les trous du cul du métro les connards en compét’ constante de testostérone les cinglés de l’occupation d’espace les connards qui profitent des grèves pour se frotter contre toi plus rien à foutre du réveil du respect des horaires des délais juste ne pas rater l’avion fermer les yeux et hop Lisboa le fleuve la mer la ville les pavés l’odeur la douceur de l’air marcher ne rien faire ne pas penser ne pas trop marcher et respirer

Respirer

Dans une heure : libération !


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vale poher - tilt