21.09.2007
Le sang du désir coule
« C’est votre voix habituelle ça ? » me demande le nouveau docteur après avoir regardé ma gorge, qui va plutôt bien, elle. Ben non ce n’est pas ma voix habituelle ; grave et éraillée, elle est plutôt sexy ces jours-ci mais à force parler déchire ma gorge qui va finir par ne plus aller plutôt bien, elle aussi.
Puis il prononce la phrase à laquelle j’évite de penser que j’évite même de formuler mentalement depuis des mois et des mois. Que cela ne prenne pas forme. Que cela ne devienne pas réalité. Mais il la prononce cette putain de phrase. Et je sens la boule dans ma gorge qui enfle subitement. Tout remonte. J’ai du mal à garder mes yeux secs. Il le sent sans doute. Mais je ne pleure jamais la première fois Monsieur ! Ce n’est pas mon genre.
Dehors cela sort. Dehors cela coule tout seul. Dans le métro cela coule tout seul. Dans mon fauteuil cela coule tout seul. Et ça coule et ça coule. Et toutes ces pensées méta-psychologiques méta-philosophiques sur ce qu’est être en vie pour moi, sur ce qu’est être au travail pour moi, sur ce qu’est être en vie au travail pour moi, tout dans coup dans la gueule dans ma gueule, tout ce que je repoussais de la tête des mains des pieds, tout d’un coup dans ta gueule Lelapin. Cela fait combien de temps que tu ne t’es pas sentie vivante ? C’était quand la dernière fois au fait ?
Une phrase. Une seule. Il est fort le nouveau docteur.
Après j’ai fumé un joint j’ai bougé mes meubles j’ai trié mes affaires j’ai jeté plein de trucs j’en ai mis d’autres dans un sac pour descendre sur le trottoir j’en ai mis d’autres dans un sac pour les copines je ne suis pas allée jusqu’à faire les carreaux faudrait voir à pas trop déconner quand même j’ai fait la poussière j’ai partiellement rangé mon bureau j’ai cruellement eu besoin de ma Sicilienne from HK de sa voix de sa présence j’ai réalisé l’absence de béquille 34 ans dans deux jours pas une seule béquille jusqu’à ce jour pas de raison que cela change un jour alors vider ma chambre vider ma tête vider les lieux.
14:36 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
19.09.2007
Une trop bruyante solitude
« Je ne suis pas sûre d’y arriver cette année »
C’est ce que je me suis dit lundi en voyant ma salle de réunion pleine à craquer – et pourtant quelques absents. 29 profs à gérer cette année. 25 modules. 2600 étudiants dont il faut assurer le suivi pour ces 25 modules et 29 profs. Les emmerdes qui vont avec. Les paperasses qui vont avec. Le budget qui va avec. La gestion du matériel qui va avec. Les réunions qui vont avec. Etc. qui va avec…
Et
Moi
Lelapin toute seule pour tout
Et
Pour tout ça
Sous payée que cela en est indécent…
Puis depuis mon retour du sud c’est le retour de la rhinite allergique, j’suis dans le pâté je te raconte même pas à quel point.
Pour me réchauffer le cœur je pense aux cadeaux déjà reçus
Ça
17:46 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
13.09.2007
Qui songe à la douceur?
Cette semaine, dans mon merveilleux travail à moi que j’ai, je n’ai pas vu les journées passer, rentrée oblige, des conneries faites au kilomètre, des dizaines de trucs à régler, et des gueulantes et mises au point sévères by Lelapin en grande forme (je te dis) pour cette rentrée.
J’attends avec impatience le retour de la connasse qui m’a pourri une journée entière de boulot par sa malveillance et sa bêtise crasse, qui m’a bordélisé la rentrée d’une promo entière et, ce faisant, m’a empêché d’assister à la brillante soutenance de thèse de ma non moins brillante Argentine préférée. Connasse ! J’attends limite en trépignant le moment où je vais me l’emplafonner, cette connasse.
(« connasse » est un mot fort seyant et plaisant en bouche. Si. Essaye donc, dis le à voix haute tu verras)
J’avais prévenu en rentrant de congés : je me fais un plaisir à haut pouvoir défoulant de me les prendre un à un les sombres cons qui me pourrissent mes journées au taf, comme si c’était pas suffisamment chiant d’être là tous les putains de jour ! J’avais prévenu, je m’exécute.
(en grande forme je te dis)
(la rage maintient éveillée)
11:25 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07.09.2007
Falling in Love Again
Je suis amoureuse
De mes nouvelles chaussures, merveilleuses
Elles m’ont coûté la peau des fesses, cependant
L’amour n’a pas de prix
Faut juste j’arrête de me faire des cadeaux à 16 jours de mon anniversaire
(Suis pas sûre de tenir…)17:43 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
06.09.2007
Budapesti mesék
15:59 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
05.09.2007
Bonheur toi-même
Hier j’ai accueilli un membre du gouvernement argentin pour dîner, et ouais mon Argentine préférée ne rigole pas question boulot, c’est du sérieux. Ça devient drôlement sélect dans le terrier de lelapin…
En revanche côté pompes elle a cédé à la mode plastoc « parce que c’est trop mignon avec les petites fleurs » (à prononcer avec l’accent argentin)
Et sinon : c’est pas gagné mais rien n’est perdu !
17:55 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
04.09.2007
Robert. A Fortunate Life
MANIPULER [manipyle] 6◊FIG. Influencer habilement (un groupe, un individu), pour le faire penser et agir comme on le souhaite. => manœuvrer.
AFFRONT [afrõ] ◊ Offense faite publiquement avec la volonté de marquer son mépris et de déshonorer ou humilier. => avanie, humiliation, offense, outrage. « Achève, et prends ma vie après un tel affront » (Corneille)
14:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
31.08.2007
Noir comme le souvenir
Aujourd’hui la pititenabeille est reparti pour le sud, pour une semaine. Cela fait 4 mois que nous n’avons pas été séparés toute une semaine – après n’avoir fait que ça pendant plus d’un an. Une semaine et toutes les nuits d’une semaine que je vais mettre à profit pour m’étaler en long en large et en travers dans mon lit. Sans risquer le moindre coup de coude perdu. Car oui : sous ses dehors respectables de jeune homme adorable, la pititenabeille me frappe la nuit depuis quelques semaines. A base de coups de coude dans la gueule. Inutile de préciser que mon sommeil y a gagné en qualité…
17:27 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
29.08.2007
Hanochi
28.08.2007
The Other Side of Heaven
Tu me crois si je te dis que je n’ai aucune mais alors AUCUNE envie de me mettre au boulot ?
Du coup je mets à jour certains trucs perso
Je pense à mon récit des deux semaines à Budapest
Mais j’arrive pas trop à m’y mettre, l’ambiance *morosité boostée au sarcasme* de reprise de boulot ne m’y aide pas beaucoup faut dire
Ça ricane et ironise à tout va dans la chambre des tortures
Mais ça ne va pas durer
Tout le monde le sait
On en profite
Mais ça ne va pas durer
En attendant on ricane bien
Et la motivation – si peu qu’elle puisse exister – s’évapore à chaque rire expiré
J’ai rarement vu un tel concentré de bêtise crasse dans les décisions prises – je veux dire au même endroit au même moment par les mêmes baltringues
C’est grandiose
Cela vaut limite le feu d’artifices de 20 mn sur le Danube vu depuis notre balcon dans les hauteurs de Buda un verre de vin à la main, je trépignais comme une gamine devant une barbe à papa, j’aime ça les feux d’artifices surtout quand ça pète bien que ça fait un bruit de tonnerre – ça tombait bien le feu d’artifices au-dessus du Danube s’intercalait entre deux gros orages. Quand ça pète ça fait pas semblant là-bas, c’est comme si plein de géants te balançaient de gros seaux d’eau sur la tronche, t’es trempé en 3 secondes 30 centièmes, Dieu te pisse sur la gueule et te le fait savoir bruyamment. C’est beau j’aime bien. Je préfère que Dieu me pisse sur la gueule plutôt qu’un nauséabond nain de jardin hystérique pisse sur la liberté.
17:15 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note











